homeLe XVième reconstitué

Le XVième reconstitué


Le XVième reconstitué

Petit rappel historique de l’époque qui nous intéresse; la Bourgogne au XVème siècle.

oici la généalogie des Valois et par conséquent de leurs cousins, les Ducs de Bourgogne (appellation recouvrant alors les Pays-Bas actuels, le Luxembourg, la Belgique, la majeure partie de la France du Nord et de l’Est et des villes aussi prestigieuses que Dijon, Bruxelles, Anvers, Bruges, Gand, Ypres, Lille).

Alors que la France et l’Angleterre se déchirent dans une guerre qui durera cent ans; que les Allemagnes sont privées, par la faiblesse de l’institution impériale, d’existence politique; que la péninsule ibérique entre seulement dans sa grande aventure, et que l’Italie du Nord connaît un tel dynamisme, apparaissent les Etats bourguignons.
 

En 1364, Philippe le Hardi a la bonne fortune de recevoir de son père, le roi Jean le Bon, le duché de Bourgogne, que ce dernier a reçu en héritage du dernier duc capétien de Bourgogne, Philippe de Rouvres. Le nouveau duc de Bourgogne contracte une alliance pleine de promesses avec la fille de Louis de Male, le dernier comte de Flandre de l’ancienne Maison. Il augmente donc son territoire par ce mariage (Comté de Bourgogne ou Franche-Comté, Nevers, Rethel, Flandre et Artois). Dès lors, sa fortune est prodigieuse. Contrairement à son fils, il reste fidèle à son frère, le roi de France, Charles V, dans la guerre de Cent Ans.
 

Si son fils, Jean sans Peur, manque son destin (il meurt assassiné en 1419) après avoir mené une politique favorisant son duché avant tout, son petit-fils, Philippe le Bon (qui nous intéresse plus particulièrement), devient, en quelques années, le plus puissant prince d’Europe. Son surnom est ‘ le grand duc de Ponant ‘ (Ponant = Occident). Premier pair de France, trente et unième comte de Flandre, il épouse en janvier 1430, à Bruges, dans un faste éblouissant, Isabelle de Portugal (sa troisième épouse et mère de son héritier) et tient sa cour à Bruxelles. L’assassinat de son père le pousse à une politique hostile à Charles VII et aux Orléans/Armagnacs, jusqu’au traité d’Arras (1435) qui fait de lui un souverain sur ses terres. Il annexe à cette occasion d’autres provinces : les villes de la Somme, le Luxembourg, le comté de Namur, le Brabant, le Hainaut, la Zélande, la Hollande et la Frise. La Comté, aux marches de l’empire et de la Savoie, lui fournit l’élite de ses hommes d’armes dont il a grand besoin en ce temps ou les haines civiles opposent patriciens et Chaperons blancs, Armagnacs et Bourguignons, Lancastre et York. Il laisse durer la guerre de France et décide, lorsque cela lui est utile, de soutenir son cousin contre le prétendant Lancastre à la couronne française. Devant le danger turc, le pape espère que la Maison de Bourgogne pourra conduire l’ultime croisade’ Le duc, qui a comme devise ‘ Aultre n’auray ‘, crée alors ‘ le plus haut mystère d’Ordre que se pouvait penser ‘, la Toison d’Or. Vingt trois chevaliers de nom, d’armes et de bravoure sans reproche doivent la composer.
 

Mallheureusement, les terres bourguignonnes sont formées de deux ensembles séparés par la Champagne et la Lorraine et le fils de Philippe le Bon, ‘ Charles le Travaillant ‘ ainsi nommé car appliqué et laborieux dans les affaires contrairement à son père plut’onchalant en la matière, (Georges Chastellain, son ‘ indiciaire ‘ [chroniqueur] officiel, l’appelle ‘ le Hardi ‘, les Francs le baptiseront plus tard ‘ le Téméraire ‘), rêve de les relier en se heurtant à la France et à l’empire. Sa présomption compromet le destin de la maison ducale de Bourgogne, car la fortune de guerre lui manque. Sa mort devant Nancy en 1477 marque l’échec de la Bourgogne.
Louis XI récupère le duché de Bourgogne et l’Artois mais laisse échapper la Flandre et la Franche-Comté. La fille unique de Charles, connue sous le nom de Marie de Bourgogne, assume à vingt ans l’héritage et accompli le v’u de son père en épousant le fils de l’empereur Habsbourg : Maximilien. Ce mariage sauve l’identité du Nord des Etats bourguignons. 
Philippe le Beau, fils de Marie et Maximilien, laisse un territoire immense (gr son union avec l’héritière des rois Catholiques, Jeanne de Castille) à son fils Charles Quint, qui réalise le rêve de Lotharingie de ses ax.
 

Dans le domaine artistique, Van Eyck est le ‘ varlet de chambre et excellent maistre en peinture ‘ de Philippe le Bon, et partage sa renommée à la cour avec Roger de la Pasture (Rogier van der Weyden). En musique, c’est l’époque des polyphonies burgundoflamandes, des motets de Gilles Binchois, de Guillaume Dufay, de Johannes Ockeghem dont je vous reparlerai s’nt plus tard.
  Ce bref survol de l'histoire de la Bourgogne permettra peut-être aux nouveaux venus de mieux comprendre son contexte politique et leur donnera peut-être envie de se plonger dans la littérature relative à cette période troublée qu'est la fin de Guerre de Cent Ans.

(c) Isabelle Dufrasne - Iseult d'Arkel

ENTRE LE PARADIS ET L'ENFER : MOURIR AU MOYEN ÂGE

 

Du 3 décembre 2010 au 24 avril 2011

Musée du Cinquantenaire

 

 

 

L'art de l'enluminure à l'abbaye de Maredret

http://www.maredret.be